Années 30, un dimanche ordinaire au village

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- Département : 47
- Canton : Fumel
- Commune : Blanquefort sur Briolance
- Lieu-dit : Le Bourg
- Siècle : 20

8 heures du matin, un dimanche dans les années 30, à Blanquefort. Le village est déjà animé depuis un moment. Les 3 cafés sont en pleins préparatifs, le dimanche il y a animations au village.

Les premiers groupes de gens arrivent au village, ils "descendent" de la campagne. Toutes les fermes sont sur les hauteurs. On arrive à pied, ou en carriole tirée par un cheval. On mène le cheval à la "remise". C'est un endroit, chez l'habitant, où on attache le cheval, il aura à boire et un peu de foin, ça coûte quelques sous pour la
journée.

Les cloches sonnent. Les femmes montent à l'église, pas tous les hommes, certains vont directement au bistrot.
On monte à l'église par la nouvelle route, celle qui a été faite à la place des escaliers du château, il y a une vingtaine d'années. On passe aussi par le "Chemin des Seigneurs", question d'habitude.
Dans le village il commence à y avoir du monde dans les "cafés-restaurants". Il y en a 3 dans le village: chez "Bouchet", chez "Hibert" (à la place de l'actuelle mairie) et chez "Despont".



On consomme "local": vin et gnole. Mon grand-père s'approvisionne autour du village: à Fourcayrenques, à Boutigues ou à Miquel. Il y a des vignes partout sur les côteaux. A Boutiques, chez Mazon, les vendanges durent 2 semaines.

Des groupes se forment dans les cafés et sur la place du village. Ca discute ferme. Les nouvelles circulent. On parle travail, politique, on parle de tout, on va voir le forgeron.

On va aussi chez le coiffeur, il y en a un dans le village. Et un tailleur, aussi. On va à l'épicerie: 2 épiceries, plus une troisième qui ouvre le samedi et le dimanche.



En fin de matinée, après la messe et un dernier coup au bistrot, certaines familles repartent. D'autres restent manger sur place, au village. Ma grand-mère sert une tranche de jambon, une omelette, des écrevisses si elles ont été commandées la matin. Le grand-père a une caisse grillagée dans la Briolance, pleine d'écrevisses, il se sert à la demande.



L'après-midi, c'est rampeau. Incontournable. Sacré, le rampeau. La pétanque viendra plus tard, importée. On joue au rampeau sur les places du village, il y a plusieurs jeux. On joue très longtemps, jusqu'en soirée.



Le soir c'est bal. Tous les dimanches soirs. Pas de sorties le samedi soir, mais le dimanche, c'est bal au village. Dans un des 3 cafés, chacun à tour de rôle. C'est comme ça, pas de problème, pas d'embrouille, c'est chacun son tour.
Chez mes grands-parents c'est à l'étage. Il y a un gramophone, quelque fois un joueur d'accordéon. On danse tard dans la nuit.
Après le bal, on rentre chez soi, on chante dans les rues et sur les chemins en sortant du village. En 1970, quand je faisais du collectage chez Madame Rumeau, elle me racontait que ça lui manquait beaucoup de ne plus entendre chanter la nuit.



Demain c'est lundi, une nouvelle semaine commence, chacun vaque à ses occupations, mais dimanche prochain, c'est promis, on se retrouvera au village.

Auteur : J-c Despont
Source : Mémoire collective village


  

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